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Bâtir un nuage 100 % souverain : le défi de l'ERP/CRM

23 juin 2026 par
Bâtir un nuage 100 % souverain : le défi de l'ERP/CRM
Patrii Cloud inc., Guillaume Harvey
Tout le monde vend du « nuage souverain » ces temps-ci. Mais quand on regarde de près, ça se résume souvent à une seule chose : l'emplacement. Les données sont hébergées dans un centre de données canadien, on met un drapeau sur le site web, et c'est censé clore la discussion.

Mais l'emplacement, ce n'est pas la souveraineté. Si la technologie qui roule en dessous a été conçue, licenciée et contrôlée par une entreprise étrangère, le code postal de votre centre de données ne change rien à la question de savoir qui détient réellement les clés. Un serveur à Montréal qui fait rouler une pile que vous ne possédez pas et que vous ne pouvez pas auditer reste exposé, que ce soit à une législation étrangère comme le Cloud Act américain, au verrouillage par le fournisseur, ou simplement à des décisions prises dans une salle de conseil sur un autre continent.

On voulait changer ça. Pas l'emplacement, mais le tout, du début à la fin.
C'est l'histoire de Patrii Cloud, et plus particulièrement de la partie qui a failli nous casser : bâtir notre propre ERP et CRM.

Ce que « souverain » veut vraiment dire pour nous

Au départ, on s'est imposé une règle stricte. Chaque couche de la plateforme devait être quelque chose qu'on pouvait installer, faire rouler, auditer et contrôler sur le sol canadien, sur une technologie qu'on possédait réellement ou qu'on pouvait légalement faire nôtre.

La couche d'infrastructure était exigeante, mais réalisable. Le calcul, le réseau, le stockage par blocs et le stockage objet compatible S3, les images, l'équilibrage de charge, le NFS comme service, les bases de données gérées (on a même ajouté des options personnalisées Valkey et FerretDB), Kubernetes, le DNS comme service, la gestion des secrets et des certificats. OpenStack nous a donné une base solide et ouverte pour la majeure partie de tout ça.

On savait aussi que demander aux gens de « devenir souverains » ne veut rien dire si quitter leur fournisseur actuel est un cauchemar. Alors on a bâti Tramontane, notre service de migration infonuagique, conçu précisément pour rendre le déplacement des charges de travail vers chez nous facile. Une souveraineté qu'on ne peut pas réellement atteindre, ce n'est pas de la souveraineté, c'est du marketing.

Mais une pièce refusait de bien s'emboîter dans le plan : l'ERP et le CRM.

Pourquoi la propriété comptait plus que les fonctionnalités

Plein de plateformes ERP et CRM offrent toutes les fonctionnalités qu'on voulait. Ça n'a jamais été ça, le problème.

Le problème, c'était la propriété. Un nuage vraiment souverain ne peut pas faire rouler sa propre entreprise sur la plateforme hébergée d'un tiers, sur une infrastructure étrangère. Ce serait hypocrite de demander à nos clients de rapatrier leurs données pendant qu'on expédie discrètement nos propres dossiers clients, nos factures et nos informations d'employés vers le SaaS de quelqu'un d'autre.

Il nous fallait une plateforme qu'on pouvait installer à l'intérieur de notre propre nuage canadien, faire rouler entièrement sous notre contrôle, et garder les données de nos clients et de nos employés à la maison. Cette seule exigence a éliminé presque toutes les options clé en main du jour au lendemain.

Partir de zéro, ou s'appuyer sur l'open source ?

Ça a placé notre équipe devant un classique carrefour d'ingénierie : tout bâtir à partir de rien, ou construire par-dessus un projet open source existant dont la licence est assez permissive pour qu'on puisse le remarquer et l'étendre, quelque chose comme LGPL ou MIT.

Partir de zéro nous aurait donné un contrôle total, mais ça nous aurait coûté des années qu'on n'avait pas. Construire sur une base open source solide nous permettait d'avancer plus vite, à condition de respecter la licence et d'être prêts à faire le vrai travail difficile nous-mêmes, plutôt que de simplement coller notre logo sur le produit de quelqu'un d'autre.

Après mûre réflexion, on a choisi de forker Odoo CE.

Voici Lynx ERP/CRM

Le fork, c'était juste la ligne de départ, pas l'arrivée.

L'édition communautaire nous donnait une fondation, mais il lui manquait les fonctionnalités entreprise dont on avait besoin pour réellement faire rouler une compagnie. Alors on les a recréées presque toutes nous-mêmes, à partir de zéro, parce qu'on ne bâtissait pas ça comme une expérience secondaire. On bâtissait le système dont notre propre entreprise allait dépendre pour vivre ou mourir. Par-dessus cette fondation, on a ajouté environ 300 modules propriétaires pour créer ce qui est aujourd'hui Lynx ERP/CRM.

Aujourd'hui, à partir d'une seule plateforme, notre entreprise peut :
  • Gérer les relations clients et suivre les pistes
  • Héberger les réunions d'entreprise
  • Accepter et réconcilier automatiquement les paiements Interac directement par dépôt automatique
  • Générer des soumissions
  • Suivre les revenus et les dépenses
  • Suivre les abonnements
... et bien plus encore.

Cette réconciliation automatique des dépôts Interac mérite une mention spéciale. Quiconque a déjà fait correspondre manuellement des paiements entrants à des factures sait à quel point c'est fastidieux et propice aux erreurs. L'automatiser pour la réalité des paiements canadiens, plutôt que pour la réalité américaine que la plupart des plateformes présument, c'était exactement le genre de détail qui nous a convaincus qu'on avait raison de posséder la pile au lieu de la louer.

Savoir quand s'arrêter (la malédiction du perfectionniste)

Si on est honnêtes, la partie la plus difficile de la construction de Lynx n'était pas technique. C'était de savoir quand s'arrêter.

Quelque chose de drôle se produit quand on bâtit une plateforme qu'on utilise soi-même : chaque journée d'intégration fait surgir un nouveau besoin. On découvrait un flux de travail qui pouvait être plus fluide, un rapport qui pouvait être plus intelligent, une intégration qui ferait gagner dix minutes par jour à quelqu'un. Pour une équipe de perfectionnistes, c'est aussi enivrant que dangereux.

Les idées n'arrêtaient pas d'arriver. Elles n'ont toujours pas arrêté. Et on ne peut pas toutes les livrer d'un coup, peu importe à quel point on le voudrait. À un moment donné, il faut tracer une ligne dans le sable et prononcer les mots qui sont vraiment difficiles à dire à voix haute pour des gens comme nous :
C'est la première version publique pour les clients.

Pas la version finale. Pas la version parfaite. La première qui est assez bonne pour qu'on y mette la confiance de vrais clients, avec une feuille de route remplie de tout ce qu'on a encore hâte de bâtir.

La conformité, intégrée d'emblée

Il y a une dernière pièce dont on est particulièrement fiers : le module de conformité Lynx, offert à un prix fixe par année.

Il est conçu pour aider nos clients à réussir réellement leur certification NIST, GDPR, ISO 27001, SOC 2 et plus encore. Mais il va bien au-delà de vous remettre une liste de vérification en vous souhaitant bonne chance. Le module s'intègre avec la console Patrii Cloud, GitHub, Atlassian et d'autres outils pour aller chercher l'information nécessaire afin de compléter automatiquement des tâches à l'intérieur de Lynx.

Et puisque Lynx possède déjà plusieurs des applications que ces cadres exigent, intégrées directement, vous pouvez récupérer vos propres données pour remplir les tâches restantes, sans feuilles de calcul éparpillées, sans copier-coller manuel, sans panique en période d'audit.

La conformité vous aide aussi à vous connecter avec vos partenaires. Vous pouvez partager votre certificat de conformité public avec vos clients, ou accorder à votre auditeur un accès direct à vos dossiers de conformité au moment de la révision, transformant ce qui est habituellement un échange pénible en un transfert simple et contrôlé.

On sait aussi que le logiciel ne peut vous mener que jusqu'à un certain point. Parfois, il faut un expert humain dans votre coin. C'est pourquoi on signe des partenariats avec des spécialistes en sécurité, pour que les clients qui veulent du conseil plus pratique dans leur parcours de conformité puissent être référés à des experts de confiance qui connaissent les cadres sur le bout des doigts. L'outillage fait le gros du travail ; les spécialistes aident pour les décisions de jugement.

Et on va être honnêtes avec vous, parce que l'honnêteté, c'est un peu tout l'enjeu ici : on n'a pas encore complété nos propres certifications. Mais on y travaille activement en utilisant cette même technologie, notre propre écosystème, en le mettant à l'épreuve exactement de la façon dont nos clients le feront. On est notre propre premier cas de test. Ça veut dire qu'au moment où vous l'adopterez, le chemin sera encore plus fluide, parce qu'on l'aura parcouru au complet nous-mêmes en premier.

On le lance

Alors voilà où on en est. On est fiers d'annoncer le lancement de notre première offre SaaS.
On ne fait pas que la vendre, on fait rouler notre propre entreprise dessus en production, en ce moment même, aux côtés d'une poignée d'autres clients qui sont déjà montés à bord. Ce n'est pas une démo ni une promesse. C'est la plateforme à laquelle on confie notre propre entreprise.

Si vous cherchez une façon de ramener les données de vos clients et de vos employés à la maison, sur un nuage qui est souverain de fond en comble et pas seulement sur la carte, ceci est votre invitation.

Joignez-vous à nous, et rapatriez vos données vers un nuage qui est vraiment le vôtre.

Patrii Cloud est maintenant en Beta!